Sarkozy s'en prend aux "donneurs de leçons" sur les banlieues
Le 29/11/2007 à 12h23 GMT
par Gérard Bon
PARIS (Reuters) - S'en prenant aux "donneurs de leçons", Nicolas Sarkozy a estimé que les violences en banlieue parisienne ne relevaient
pas d'une "crise sociale" mais d'une forme de "voyoucratie."
Il a confirmé, en réponse aux critiques de l'opposition lui reprochant d'avoir négligé la politique de la ville, qu'un plan pour les banlieues serait
présenté fin janvier. Mais pas sous la pression des émeutiers, a-t-il dit.
"La réponse aux émeutes, ce n'est pas plus d'argent encore sur le dos du contribuable. La réponse aux émeutes, c'est l'arrestation des
émeutiers", a-t-il fait valoir devant 2.000 policiers et gendarmes réunis à La Défense, près de Paris.
"Je réfute toute forme d'angélisme qui vise à trouver en chaque délinquant une victime de la société, en chaque émeute un problème social",
a-t-il souligné.
"Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie (...) Si nous laissons un petit
voyou devenir un héros dans sa cité (...) c'est une insulte à la République et à votre travail", a-t-il poursuivi.
Parallèlement à son discours de fermeté, Sarkozy a rappelé les forces de l'ordre au respect d'une éthique irréprochable, insistant sur la
nécessaire "relation de confiance" qui devait être établie avec la population.
"Pas de familiarité, de la tenue, respectez les gens, vous devez être exemplaires !", a-t-il lancé devant policiers et gendarmes, en les invitant
à éviter le "tutoiement" dont se plaignent des jeunes des quartiers défavorisés.
"UNE BANDE D'ENRAGÉS"
Il a justifié l'ouverture d'une information judiciaire après la mort de deux adolescents lors d'une collision avec une voiture de police à
Villiers-le-Bel par le souci de mettre les forces de l'ordre "à l'abri de tout soupçon."
Jugeant qu'un degré dans la violence avait été franchi avec l'usage d'armes de chasse dans le Val d'Oise, le chef de l'Etat a répété que
l'arrestation des auteurs des tirs devait être une "priorité absolue."
"Mettez les moyens que vous voulez, ça ne peut rester impuni", a-t-il lancé à l'adresse des ministres concernés, Michèle Alliot-Marie
(Intérieur) et Rachida Dati (Justice.)
"Ceux qui cassent, ceux qui brûlent, ceux qui pillent, ceux qui s'en prennent aux forces de l'ordre répondront de leurs actes", a-t-il assuré, s'en
prenant aux "donneurs de leçons" qui "ignorent eux ce que c'est d'être en uniforme et face à une bandes d'enragés".
La situation des banlieues est un "enjeu majeur pour notre pays" et fera l'objet d'un plan annoncé en janvier (...) mais que les choses soient
claires (...) nous ne le ferons pas parce qu'il y a eu des émeutes".
"Après tout ce qui a été fait et bien fait sur les bâtiments, on va investir sur les gens", a promis Nicolas Sarkozy. "On va faire la différence.
On va donner plus à ceux qui veulent s'en sortir honnêtement."
Face aux nouvelles formes de la violence, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il fallait repenser les modes de sécurisation des forces de l'ordre et
les doter de moyens technologiques adaptés.
Il a ainsi prôné l'utilisation d'une nouvelle génération de flash-ball à plus longue portée - "quarante mètres, c'est mieux que dix" - précisant
qu'il assumerait ce choix devant l'opinion publique.
Dans le même esprit, Nicolas Sarkozy a jugé anormal que la police ne dispose pas d'hélicoptères, en dehors de ceux de la sécurité civile,
par exemple lorsqu'il s'agit "de repérer des stocks d'armes sur les toits."
 |
|
 | ► Nicolas sarkozy qualifie la violence dans les banlieues de "voyoucratie" Carcasse calcinée d'un camion poubelle à Villiers-le-Bel. Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi que les violences de ces derniers jours en banlieue parisienne ne relevaient pas de la crise sociale et qu'il ne tolérerait pas le développement de la "voyoucratie" en France. /Photo prise le 28 novembre 2007/REUTERS/Régis Duvignau |
|
|
 |